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Être Maire, c’est quoi au juste ?

1024 683 Tony

Les détails de ce qu’est un Maire et de ce qu’il n’est pas…

Si tu imagines le maire comme un shérif avec une grosse étoile, un gros salaire, et la main plongée dans la caisse des impôts… tu n’es pas le seul. C’est une image simple, pratique, presque “cinéma”. Sauf que la réalité, elle, ressemble davantage à un mélange de chef d’orchestre, gestionnaire, médiateur, pompier de l’imprévu, et couteau suisse administratif… avec une responsabilité qui peut être très lourde, surtout quand tout le monde pense que “le maire peut tout”.

Le rôle du Maire est loin de certains idéaux ou clichés que certains se font et dans un village comme ici à Chevru, l’effet est encore plus fort : ce n’est pas une silhouette lointaine. C’est la personne que tout le monde croise, interpelle, sollicite. Il n’a pas “bulle” pour se protéger et prend le réel en pleine figure, avec le sourire quand tout va bien, et avec une sacrée solidité quand ça secoue. Nous allons, au cours de cet article, casser quelques clichés afin de mieux vous faire comprendre ce qu’est réellement un Maire et ce qu’il n’est pas.

Déjà, un truc essentiel : dans la plupart des communes, le maire n’est pas élu directement par les habitants.
Aux municipales, les habitants élisent un conseil municipal. Ensuite, ce conseil municipal se réunit et élit le maire (et les adjoints) parmi ses membres. Donc quand tu votes, tu choisis une équipe, et cette équipe choisit ensuite son capitaine. Ce n’est pas parce que Michael Gehannin est tête de liste de « Ensemble pour Chevru » que si celle-ci est élue, elle l’élira forcément Maire. Ce détail change tout, parce que ça casse l’idée du “chef suprême” : le maire est le chef de l’exécutif communal, oui, mais il agit sous le contrôle du conseil municipal et dans un cadre légal très encadré.

Et le mandat, ce n’est pas une histoire floue : les conseillers municipaux sont élus pour 6 ans. Le maire est élu pour la durée du mandat du conseil, donc en pratique, on est aussi sur 6 ans… sauf événements (démission, décès, annulation, changement de majorité interne, etc.). En pratique, il existe également une potentielle exception : ce mandat peut être légèrement prolongé si une loi vient décaler les municipales pour éviter un télescopage avec d’autres élections nationales. Ça s’est déjà vu, par exemple quand les municipales prévues en 2007 ont été repoussées à 2008. Donc pour 2032, certains évoquent un éventuel décalage (jusqu’en 2033), mais ce n’est pas automatique : ce serait une décision politique encadrée par un texte spécifique.

Qui peut devenir maire ?

Tu dois d’abord être dans une liste qui soit élue et donc devenir conseiller municipal, qui va ensuite t’élire comme on l’a vu ci-dessus.
Et pour être élu maire, il y a des conditions claires :

  • âge minimum : 18 ans révolus ;
  • nationalité : être Français pour être maire (un conseiller municipal non français, même citoyen de l’Union européenne, ne peut pas être élu maire ou adjoint, ni même exercer temporairement ces fonctions).

En effet, même s’il faut être majeur pour être conseiller municipal, cela ne nécessite pas forcément d’être Français : un citoyen de l’Union européenne qui réside dans la commune et est inscrit sur les listes électorales complémentaires municipales peut être élu au conseil municipal. Il ne suffit donc pas d’être conseiller municipal, d’être « sur une liste élue » pour être éligible à devenir Maire.

Maintenant, “ça sert à quoi un maire” ?

Une fois qu’on a compris comment on devient maire, reste une question simple : concrètement, à quoi sert-il au quotidien ? Le maire porte en fait deux casquettes en même temps, et c’est là que les gens se trompent souvent.

1. Le chef de l’exécutif de la commune (la mairie “côté gestion”)
Dans cette partie, le maire est le pilote du quotidien communal. Il ne décide pas seul de tout, mais il exécute, organise, met en œuvre et fait tourner la machine :
  • il exécute les décisions du conseil municipal ;
  • il prépare et exécute le budget (et signe, ordonne les dépenses en tant qu’ordonnateur, pendant que la comptabilité et le paiement relèvent du comptable public) ;
  • il gère le patrimoine communal, les bâtiments, la voirie communale, l’entretien, les travaux ;
  • il dirige les services municipaux (les agents de la commune), et coordonne les prestataires ;
  • il signe des actes, des contrats, représente la commune en justice ;
  • il peut recevoir des délégations du conseil municipal pour agir sur toute une série de sujets précis (tarifs non fiscaux, marchés, emprunts dans certaines limites, etc.).

Important : même s’il délègue, le maire reste responsable.
Dans une commune, un maire “seul” n’existe quasiment jamais dans les faits : il s’appuie sur des adjoints, parfois des conseillers délégués, des agents, des partenaires (intercommunalité, département, région, État). La loi prévoit d’ailleurs la délégation de fonctions : tu peux confier une partie de tes missions à des adjoints ou à certains conseillers, mais ça ne t’enlève pas la responsabilité globale.

2. Le représentant de l’État dans la commune (la mairie “côté République”)
Là, on sort du cliché “maire = chef du village” et on voit apparaître un autre rôle : le maire agit aussi au nom de l’État, sous l’autorité du préfet (et, pour certaines missions, sous l’autorité du procureur).
  • il est officier d’état civil : actes de naissance, mariage, décès, etc. ;
  • il participe à l’organisation des élections ;
  • il peut signaler certaines infractions en tant qu’officier de police judiciaire (selon le cadre légal) ;
  • il applique des obligations nationales qui tombent sur la commune.

C’est souvent là que naissent certaines incompréhensions : un habitant voit une décision impopulaire et pense “le maire a choisi ça”. Bien souvent, le maire ne “choisit” pas : il applique, il exécute, il gère les conséquences localement.

Le maire est-il un shérif ?

Non. Mais il a un vrai pouvoir de police administrative.
Le mot “police” fait immédiatement penser à “arrêter des gens”. Ce n’est pas ça.
Le pouvoir de police du maire, c’est surtout : éviter le bazar et protéger les gens, au nom du bon ordre, de la sécurité, de la tranquillité et de la salubrité publiques.

Ça se traduit par des arrêtés municipaux, des décisions de prévention, des mesures sur :

  • les nuisances sonores et troubles de voisinage ;
  • la sécurité lors d’événements (fête de village, marché, commémoration) ;
  • la circulation, le stationnement, des zones dangereuses ;
  • les bâtiments menaçant ruine, les dépôts sauvages, les risques sanitaires ;
  • les animaux errants quand il y a danger ;
  • la gestion des crises locales (intempéries, inondations, accidents, coupure, etc.), en coordination avec les secours et la préfecture.

Donc oui : le maire a une responsabilité énorme sur “le quotidien qui déraille”. Mais non : il n’est ni juge, ni procureur, ni chef de la police nationale. Et dans les situations graves, l’État garde la main via le préfet, le procureur, les forces de sécurité, etc.

 

“Le maire décide de tout” 

La réalité, c’est plutôt :

  • le conseil municipal (l’ensemble des personnes sur la liste élue) vote et délibère sur les grandes décisions ;
  • le maire exécute et organise ;
  • le préfet contrôle la légalité des actes (et peut contester un acte illégal devant le juge) ;
  • énormément de compétences sont partagées ou transférées à l’intercommunalité (communauté de communes, d’agglo, etc.), ce qui change la sensation de pouvoir.

Il faut être conscient qu’une grande partie de ce qui complique la vie quotidienne ne dépend tout simplement pas du maire. Les impôts nationaux, l’impôt sur le revenu, la TVA, la taxe foncière (dont les règles et bases sont largement fixées par l’État), les hausses de carburant, les retraites, les aides sociales, les règles d’urbanisme imposées par des documents supérieurs, les normes environnementales, les obligations de sécurité, les décisions de justice, les fermetures de classes, les cartes scolaires, les horaires ou suppressions de transports, les règles sanitaires, les délais administratifs, les procédures d’enquête, les contraintes budgétaires imposées d’en haut… tout ça ne se décide pas en mairie. Le maire est souvent celui qui annonce, explique, encaisse la colère ou la frustration, alors qu’il n’a ni le pouvoir de modifier la règle, ni celui d’y déroger. Confondre le rôle de proximité avec un pouvoir absolu, c’est se tromper de cible : le maire est en première ligne, mais très rarement à l’origine de ces décisions.

Résultat : le maire est très exposé (on vient le voir pour tout), alors que beaucoup de choses dépendent d’autres niveaux, d’autres budgets, d’autres décisions, ou de règles nationales.

“Le maire gagne un énorme salaire” .

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un salaire mais d’indemnités de fonction. Elles sont encadrées par des plafonds nationaux, elles sont décidées par une délibération du conseil municipal (donc ce n’est pas “le maire qui se sert”), et il existe des règles de plafonnement global quand on cumule plusieurs indemnités.
Dans un petit village, l’indemnité peut être très loin des fantasmes. Et surtout : ce n’est pas “plus tu es maire, plus tu prends dans la poche des impôts”. Les impôts locaux et recettes de la commune vont au budget communal, voté, contrôlé, exécuté, avec des règles très strictes et un comptable public distinct.

L’argent public ne transite pas “dans la poche du maire”. Le maire ordonne les dépenses au nom de la commune, mais le paiement effectif est réalisé par le comptable public (Trésor / DGFIP) qui a ses propres contrôles. Et la commune a des obligations de transparence budgétaire, des contrôles, des procédures. Tu peux critiquer une politique locale, mais “le maire encaisse les impôts” n’est pas une description correcte du système.

“Le maire ne fait que couper des rubans”

Ceux qui disent ça n’ont jamais vu l’envers du décor
L’envers, c’est :

  • des réunions à répétition parce que chaque décision implique des règles, des délais, des marchés, des partenaires ;
  • des urgences qui tombent quand tu as enfin posé ton cerveau ;
  • des gens qui viennent avec des situations de vie très dures, et qui ne savent plus vers qui se tourner ;
  • des conflits de voisinage qui te collent comme du chewing-gum sous une chaussure ;
  • des dossiers techniques écrits dans une langue que même ceux qui l’écrivent ont parfois du mal à relire ;
  • de la pression et parfois de la violence : rumeurs, insultes, menaces, mise en cause permanente.

Et là, il y a un point qui mérite d’être dit simplement : être maire, c’est accepter d’être disponible. Pas parce que “tu aimes le pouvoir”, mais parce que, dans la tête des habitants, tu es la porte la plus proche.

Même quand ce n’est pas de ta compétence.
Même quand tu ne peux pas “forcer”.
Même quand tu dois juste expliquer, calmer, orienter, et que certains te reprocheront de ne pas avoir fait “un miracle”.

La responsabilité du maire : ce n’est pas juste symbolique Quand tu signes, quand tu prends un arrêté, quand tu laisses une situation dangereuse traîner, quand tu organises un événement, quand tu gères une crise : ta responsabilité peut être engagée. Il existe une responsabilité administrative (pour la commune), civile (dommages causés), et parfois pénale (si une infraction est caractérisée, mise en danger, négligence grave, etc.). Autrement dit : ce n’est pas un rôle “d’apparence”. C’est un rôle où l’erreur peut coûter cher, humainement et juridiquement.

Être maire, au fond, ce n’est pas avoir réponse à tout ni décider de tout. C’est accepter d’être au carrefour permanent : entre les règles et le terrain, entre l’urgence et le temps long, entre ce que les habitants espèrent et ce que la loi, le budget ou la réalité permettent réellement. C’est porter des responsabilités visibles… et surtout une infinité d’autres qui ne le sont jamais. Quand tout fonctionne à peu près normalement, personne ne s’en rend compte. Et c’est sans doute le signe que le travail est fait. Jusqu’au jour où il n’y a plus personne pour le faire.

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Tony

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